Dix Reines pour a revolution française de service public

Samedi soir, leur vie va changer. A 20 h, le premier episode de Drag Race France Sera mis en ligne sur France TV Slash et available simultaneously à l’étranger via the plateforme WOW Presents Plus. Pour les dix candidates à cette competition de drag-queen, il y aura forcement un avant et un après.

Comme leurs homologues des quatorze saisons de RuPaul’s Drag Race et de sa dizaine d’adaptations (au Canada, en Espagne, aux Pays-Bas, en Thaïlande…), ces Reines des Nuits tricolores vont gagner en notoriété de manière fulgurante. A tournée en France est déjà prévue pour l’automne et leur présence à la RuPaul’s Drag Con 2023 à Londres, a convention où les fans déboulent par milliers, est d’ores et déjà annoncée.

« On ignore the tsunami que ça va être »

« Tout le monde nous dit que ça va être énorme mais on ne sait pas encore le tsunami que ça va être. Je prends les choses comme elles viennent », temporise Lolita Banana, croisée debut juin lors de la conférence de presse. Les dix heureuses élues ont été sélectionnées parmi 450 candidatures. “On ne s’attendait pas à autant”, admet Nicolas Missoffre, producer chez Endemol. Les critères de selection ? « Ce qu’elles representative, leur leve de drag, où elles en sont, où elles souhaitent aller, leurs motivations… »

« On vient chacune de milieux, de scènes diverses, on a commencé à des périodes différentes », advance Lova Ladiva l’une des candidates qui, en faisant chanter son accent Toulousain, salue l’éclectisme du casting. Il ya celles qui ont coiffé leurs premières perruques récemment, inspired par le phenomène Drag Racecells qui ont l’habitude de se produire dans des cabarets, comme celui de Madame Arthur ou de La Bouche, cells qui animent des brunchs le dimanche ou brillent dans le foisonnement des shows drags à Paris ou ailleurs, cells qui misent sur l’ humor and celles qui privileged le look…

« On sait qu’on ne va pas passer pour des clowns »

« Cela va thunder une bonne visibility à la culture drag, applaud Soa de Muse. Les équipes de production s’étaient renseignées, connaissaient le language, la culture… Elles avaient fait le travail pour comprendre notre art. » « On s’est senti respectées dans notre métier. On said qu’on ne va pas passer pour des clowns », abonde La Kahena. Kam Hugh leur fait écho : « On n’était pas les dindons de la farce. » « On a fait en sorte que ce program soit fait par la communauté LGBT+, qu’on sache de quoi on parle », confirme Raphaël Cioffi, aux manettes de Drag Race France. L’mission est ainsi attendue avec a great impatience par a légion de fans LGBT, sa principale cible.

Alexandra Redde-Amiel, la directrice des divertissements de France Télévisions, espère que cette adaptation made in France trouvera un écho auprès d’une audience plus large et neophyte. « Faire rayonner la culture populaire auprès de Ceux qui la font et de Ceux qui ne la connaissent pas, c’est notre mission de service public », affirme-t-elle. Les dix candidates sont deja apparues sur France 2, dans On est in direct debut juin, puis sur la scene de La Fete de la Musique a Montpellier mardi, et le premier episode de Drag Race France sera exceptionnellement diffuse samedi à 23h25 sur cette meme chaîne.

« Ça remue, ça pose des questions et c’est très bien »

De quoi séduire des personnes qui ne connaissent rien de l’univers drag et de balayer leurs éventuels préjugés ? « On n’essaie pas de les conquérir, on est là depuis bien longtemps, affirme Soa de Muse. On n’est pas là pour taper à votre porte comme des temoins de Jéhovah. Si ça t’interesse, tant mieux, si ça ne t’interesse pas, tu changes de program. Il ya plein de gens qui vont kiffer, d’autres non, ça remue, ça pose des questions et c’est très bien. »

« Hyper impressionné par toutes les candidates », Kiddy Smile, qui officiera dans le jury, insiste sur le fait qu’il s’agit d’un « program très important ». Daphné Bürki, autre jurée permanente de Drag Race Franceconseille de regarder l’emission “en famille” : “J’ai une grande ado que le show a beaucoup aidée. [Cela peut être utile]surtout en ce moment où on cherche à trouver son identité, à s’accepter », affirme-t-elle.

« On va pouvoir être des modèles pour des jeunes qui vont pouvoir se retrouver en nous et se dire “Ah mais ça existe ! On an aussi cette possibilité”. C’est important, cette découverte, dans cette culture qui est la notre », estime La Kahena. « Le drag, c’est un metier, un art. On est là pour divertir les gens, et also pour leur ouvrir les yeux sur des questions qu’ils ne se posent pas forced dans la vie de tous les jours, sur des sujets qui peuvent secouer », ajoute Paloma. L’mission est d’ailleurs régulièrement l’occasion, pour les participantses, d’évoquer des thèmes personnels, de raconter leurs parcours, les épreuves qu’elles ont surmontées, les discriminations auxquelles elles ont fait et font face.

« C’est vrai que ce sont les JO du drag »

« On ne s’est pas réveillées un jour en disant “Paf ! Je vais faire du drag”. Il ya toujours une histoire qui mène à ça », souligne La Grande Dame. « Derrière les paillettes et sous nos perruques nous sommes des êtres humains avec toutes nos differences et nos émotions qui font la diversity et la beauté de la communauté queer », plaide La Briochée. « J’ai appris moi-même plein de choses grace à mes soeurs. On a tous et toutes besoin d’education à a moment ou un autre, de prises de conscience personnelles », explique La Big Bertha qui insiste sur la double fonction « pedagogique et divertissante » de Drag Race France. Car, malgré l’esprit bon enfant et sooral, elle n’en demeure pas moins une competition.

« C’est un jeu à regarder, mais c’est survivor à vivre », se marre Nicky Doll, qui animera le show et sait de quoi elle parle puisqu’elle a participé à la douzième saison de la version américaine il ya deux ans. « C’est vrai que ce sont les JO du drag. Cela a été le meilleur WeightWatchers de toute ma vie : j’ai perdu 9 kg pendant le tournage ! », glisse La Big Bertha. « C’était une vraie course, enchaîne Lolita Banana. Bien sur qu’on sait que les caméras sont là, mais la fatigue et la pression sont tellement fortes qu’au bout d’un moment tu te fous des caméras. » Ces drag-queens devront s’habituer : elles n’ont pas fini de voir les objectifs rivés sur elles.

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