la prostitution adolescente loin de all voyeurisme

Trois ados sans problems tombent sous la coupe d’un jeune proxénète. Le téléfilm “Comme des Reines” aborde ce sujet risqué avec intelligence, sans en éluder la realité crue. La cinéaste Marion Vernoux évoque sa genese et son tournage.

Qu’est-ce qui a conduit Samia, Louise et Jess, 3 adolescentes sans problems visibles ni blessures apparentes, à se prostituer et à tomber sous la coupe de Nico, proxénète à peine plus âgé qu’elles ? Si ce n’est l’illusion de pouvoir vivre “comme des Reines”, ainsi que le suggère le titre du très bon téléfilm diffuse sur France 2. Il choisit délibérément de laisser la question en suspens, en assumant, dans le même temps, de regarder en face la realité crue de leur quotidien – les passes, les clients, la dépossession de soi, la fuite en avant…

A fiction sur le fil, justement récompensée par plusieurs prix lors de l’édition 2021 du Festival de télévision de Luchon, et qui doit beaucoup à ses scénaristes, Sandrine Gregor et Mélina Jochum. À leur important travail de documentation, à la finesse de leur écriture au service de ce sujet périlleux, intelligence mis en scene par la cinéaste Marion Vernoux (Personne ne m’aime, Les Beaux Jours…). Laquelle renoue, après Rien dans les poches (2008), avec la télévision. Et nous livre ses souvenirs d’un intense tournage.

Vous êtes souvent scénariste ou coscénariste de vos films, ce qui n’est pas le cas ici. Qu’est-ce qui vous a amenée à réaliser “Comme des Reines” ?
À l’hiver 2020, on m’a proposed ce script, que j’ai lu très vite. Tomber sur un scénario also bien constructed and dialogué est très rare. Il était réaliste, pas du tout manichéen, et je voyais bien que les deux scénaristes avaient énormément travaillé en amont, que je pouvais leur faire confiance.

J’ai tout de suite dit oui à la productrice, Joëy Faré. Et puis le Covid est arrivé… Le project allait-il se faire ou pas ? Personne n’avait de visibilité. Puis, en mai, on a reçu le feu vert, et il a fallu aller vite : la preparation in juillet, la recherche des comediens en août. Et en septembre, on a tourné pendant vingt et un jours. J’aime bien bosser dans l’energie. Or la, il fallait beaucoup, beaucoup d’energie !

Sarah Isabella, Bintou Ba (Jessica) and Nina Louise (Louise), lors d'une scene de fête, pas facile à tourner en plein Covid.

Sarah Isabella, Bintou Ba (Jessica) and Nina Louise (Louise), lors d’une scene de fête, pas facile à tourner en plein Covid.

Christophe Rabinovici

Comment avez-vous choisi vos comediens, et notamment les plus jeunes d’entre eux ?
Les 3 jeunes filles n’étaient pas des actrices professionnelles. C’était a pression supplémentaire, outre le fait de devoir tourner si vite, en portant des masques entre chaque prize… Nous avions lancé un appel sur les réseaux sociaux en demandant aux jeunes intéressés de nous envoyer des vidéos.

Sarah Isabella, the interpreter of Samia, who is on 16 ans the tournage, we have an example of a video TikTok in the source that is impressive. Elle s’est imposée très vite.

Idir Azougli était le plus chevronné, il avait notamment tourné dans Sheherazade [de Jean-Bernard Marlin, 2018, ndlr]. Je tenais absolute à ce qu’il incarne le proxénète, et je me suis battue pour qu’il ait le rôle. La chaîne trouvait qu’il ne correspondait pas au personnage décrit dans le scenario – un beau gosse dont personne ne se mefie. Il ne devait pas être étrange, or Idir l’est, assure : à la fois assez feminine et effrayant.

Il ya un autre rôle que j’ai eu du mal à caster, pour lequel il ne fallait pas que je me plante : celui de Rayanne, gros caïd et vrai méchant, qui intervient dans une scène difficile et determinante. J’ai appelé Rabah Nait Oufella (Ibrahim, Arthur Rambo) qui est venu tourner une journée.

Comment avez-vous travaillé avec les jeunes acteurs non professionnels ?
On a fait beaucoup de lectures, pour qu’ils s’appropriate le texte, sans non plus trop le transformer – ils me rajoutaient des « t’es sérieuse ? » à tout bout de champ ! En amont du tournage, j’ai fait venir un coach, l’actor Djanis Bouzyani, avec qui j’avais travaillé sur Bon homme.

Il vient du monde du cabaret [il a notamment collaboré avec le chorégraphe Philippe Decouflé au spectacle du Crazy Horse, ndlr], et je lui ai demandé de travailler avec les comediennes en amont de scenes où elles devaient engager leur corps. Il les aidait à préciser leurs attitudes, à se positionner. Pour moi, c’était une condition sine qua non.

Avez-vous rencontré d’other difficultés during the tournage ?
Le plus major, au regard des moyens et du peu de temps dont nous disposions et des contraintes liées au Covid, c’était les scènes de fête. Il se trouve que j’en ai tourné pas mal dans ma vie, je suis un little une spécialiste ! En general, quand c’est “sexe, drug & rock’n’roll”, on vient me chercher.

Là, il s’agissait de scenes de boîtes de nuit, de sequences sur une peniche, d’une fete qui tourne au drame dans une maison. J’avais quand meme sacrément les petoches. Il fallait réussir à créer une ambiance alors que la seconde d’avant tout le monde sur le plateau portait un masque… Ce sont les figurants, en particulier les figurantes, dont beaucoup de strip-teaseuses qui se baladaient à moitié à poil, hyper à l’aise, qui ont aidé à détendre l’atmosphère !

Quand on traite un sujet comme celui-là, the question you point de vue est fondamentale. Comment savoir où porter son regard ?
C’est un téléfilm diffused à une heure de grande écoute sur une chaîne du service public : même s’il n’est pas dans ma nature d’en montrer trop, il ne fallait pas risquer une interdiction aux moins de 18 ans. Dans le même temps, il ne fallait pas se cacher derrière son petit doigt, et montrer la réalité de ce que font ces adolescentes, de ce qui leur arrive, en tenant à distance tout voyeurisme. Mon obsession, c’était d’éviter à tout prix que des spectators puissent être excités par ce qu’ils étaient en train de regarder.

Bye bye
right Comme des Reines, Mercredi June 22 at 9:20 p.m., on France 2.

Leave a Reply

Your email address will not be published.